Discours
Un dialogue qui ne cache pas ses traces
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Issue 10 out soon!
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DIAPHANES MAGAZINE No. 10

Issue 10 — Punk Philology — edited by Donatien Grau: With contributions by Dodie Bellamy, Simon Critchley, Emanuele Coccia, Dennis Cooper, Cosey Fanni Tutti, Michael Dean, Sina Dell’Anno, Jas’ Elsner, Charlie Engman, Kim Gordon, Donatien Grau, Yannick Haenel, Richard Hell, Michèle Lamy, Paul McCarthy, Eileen Myles, Dan-el Padilla Peralta, David Rimanelli, Ariel Spiegler, James Spooner, Honor Titus, Johanna Went. Cover art by M/M (Paris)
  • art contemporain
  • littérature
Arts

Jacques Rancière

« L’appréciation esthétique d’une forme est sans concept. »

Qu’entendre par l’invocation d’une « esthétique de la connaissance » ? Manifestement il ne s’agit pas de dire que les formes de la connaissance devraient s’adjoindre une dimension esthétique. L’expression présuppose qu’une telle dimension n’a pas à être ajoutée, comme un ornement supplémentaire, qu’elle est là de toute façon comme une donnée immanente de la connaissance. Reste à voir ce que cela implique. La thèse que je voudrais présenter est simple : parler d’une dimension esthétique de la connaissance, c’est parler d’une dimension d’ignorance qui divise l’idée même et la pratique de la connaissance. 


Cette proposition implique évidemment une thèse préalable quant à ce qu’ « esthétique » veut dire. La thèse est la suivante : l’esthétique n’est pas la théorie du beau ou de l’art, elle n’est pas non plus la théorie de la sensibilité. Esthétique est un concept historiquement déterminé qui désigne un régime spécifique de visibilité et d’intelligibilité de l’art, qui s’inscrit dans une reconfiguration...

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  • Alain Badiou
  • art contemporain
  • esthétique
D’où viennent et où mènent les sentiers battus du cœur ?
D’où viennent et où mènent les sentiers battus du cœur ?

Alexander Kluge, Gerhard Richter

26 décembre 2004

26 décembre 2004 : LA SAINT-ÉTIENNE. NOËL, UNE FORCE VENGERESSE. Les masses d’eau qui noient un continent, ne viennent pas en raz-de-marée. Elles ne viennent pas du bord de mer, elles ne s’abattent pas du ciel sur nous en trombes d’eau. Elles s’abattent en un déluge de boue sur nous et nos maisons. On ne peut ni nager ni plonger dedans. Elles déferlent trop vite pour qu’on puisse s’enfuir, car elles viennent par tous les côtés. Voyez comme cette colline mouvante,...
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Littérature

Joseph Mitchell

Des Caughnawagas

Les plus lestes des Indiens d’Amérique du Nord appartiennent à une bande de sang-mêlé Mohawks originaires de la Réserve Caughnawaga, sur les bord du fleuve Saint-Laurent, au Québec. On les appelle en général les Caughnawagas. Autrefois on les appelait les Mohawks chrétiens ou les Mohawks qui prient. Ils sont trois mille, dont au moins six cent cinquante passent plus de temps dans les villes des États-Unis un peu partout que dans leur réserve. Certains sont aussi remuants que des gitans. Il n’est pas inhabituel de voir une famille verrouiller sa maison, laisser la clé chez un voisin, monter en voiture et partir pour des années. Il existe des colonies de Caughnawagas à Brooklyn, Buffalo et Detroit. La plus grande colonie est à Brooklyn, dans le quartier de North Gowanus. Elle s’y est établie à la fin des années vingt, comprend environ quatre cents hommes, femmes et enfants, continue de grandir...

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  • New York
Littérature

Joseph Mitchell

« Avis. Pas ­d’arrière-salle ici pour les dames. »

Il existe un restaurant dans River Street à Hoboken, dans le New Jersey, en face des jetées et à quelques pâtés de maisons de la remise du Lackawanna Ferry, qui s’appelle My Blue Heaven Italian Restaurant. Un été, je revenais de Copenhague sur un cargo de Hog Island, la nourriture était mauvaise et, quand le cargo s’est finalement amarré à Hoboken, le premier endroit que j’ai vu où je pouvais manger était My Blue Heaven et j’y suis allé directement avec ma valise à la main. Je me suis assis et le serveur m’a tendu un menu, mais avant que j’aie commencé à lire, il m’a dit que le plat du jour était un risotto avec du calamari et qu’il me le recommandait. « C’est du riz, a-t-il dit, avec des calmars. » Je n’avais encore jamais alors mangé de risotto, et certainement pas de calmar, mais j’ai commandé le plat du...

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  • reportages
  • New York
Guy Debord fut le Christ de l’avant-garde.
Guy Debord fut le Christ de l’avant-garde.

Mehdi Belhaj Kacem

Tombeau pour Guy Debord

Guy Debord fut le Christ de l’avant-garde, immolé sur son idéologie, que plus que quiconque (Tzara, Duchamp, Artaud, l’actionnisme viennois…) il aura poussé à son extrême limite. Il en satura toutes les possibilités et toutes les impasses. Il n’y avait, pour ses prétentions démesurées, ni échec, ni réussite. Son parcours doit être aujourd’hui évalué selon d’autres mensurations : celles qu’à point nommé la disparition des avant-gardes nous laisse en héritage. Pour le dire avec Reiner Schürmann : la vérité est une « conflictualité...
L’abandon de la centralité du sujet constitué
L’abandon de la centralité du sujet constitué

Donatien Grau

Une vie en philologie

Une légende ferait des philologues des figures inadaptées à notre présent : des personnes vieillies dans les manuscrits, sans contact avec le monde extérieur, débattant entre elles de telle leçon du papyrus alpha ou du codex gamma. Ces créatures seraient perdues dans les livres comme dans leur tête, et en un mot : dysfonctionnelles. Elles seraient aussi disjointes des appels du présent, derniers défenseurs d’une spécialité qui se pratiquait entre gentlemen de haute lignée à Oxford ou Cambridge, doctes professeurs allemands à...
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