« Ce libre droit du temps à disposer de lui-même doit être reconnu au même titre que celui des peuples. »
« Ce libre droit du temps à disposer de lui-même doit être reconnu au même titre que celui des peuples. »

Alexander Kluge, Gerhard Richter

Futur antérieure

Ce que révèle mon histoire, l’histoire d’un être humain et vivant, n’est pas le PASSÉ RÉVOLU (ce qui fut, parce que ce n’est plus), ce n’est pas non plus le passé composé de ce qui a été et perdure dans ce que je suis mais l’AUTRE de ce que j’ai été pour ce que je suis en passe de devenir. – Si je vous comprends bien, c’est du deuil de « ce que je suis en train de devenir » qu’il s’agit. Je...
ABO
  • littérature
  • photographie
La molle et voluptueuse décadence du lieu
 La molle et voluptueuse décadence du lieu

Bruce Bégout

L’homme de Venise

Je ne parlerai pas ici de mon métier. Je pratique l’urbex depuis plus de vingt ans et mon blog est le plus consulté sur la toile. J’y ai compilé des centaines de visites sur des sites oubliés, décrit des lieux abandonnés aux quatre coins du monde (tunnels, bases sous-marine, parcs d’attraction, asiles, usines, etc.) narré mes aventures dans ces endroits insolites et reculés qui exercent une grande fascination sur l’imagination moderne. Tout le monde connaît mon nom – un pseudonyme...
Littérature

Joseph Mitchell

Madame, Monsieur, regardez la Danse !

Les calypsos viennent de Trinidad, une île britannique des Caraïbes proche de la côte du Venezuela qui fournit aussi au monde de l’asphalte ainsi que l’amer Angustura. Ils sont composés par des hommes hautains, amoraux qui boivent sec et qui se donnent le nom de calypsoniens. En grande majorité ce sont des Noirs. Une guitare sous le bras, ils passent leur temps dans les rhumeries et les cafés chinois de Marine Square et Frederick Street à Port-of-Spain, la ville principale de Trinidad, en quête de rumeurs autour desquelles ils pourraient construire un calypso. Nombre d’entre eux se vantent avec raison du fait que des femmes se battent pour avoir le droit de subvenir à leurs besoins. La plupart sont des vétérans des prisons de l’île. Pour se distinguer des hommes ordinaires, ils n’utilisent pas leurs noms légaux mais vivent et chantent avec des titres adoptés tels que Growler, Lord Executor,...

OPEN
ACCESS
  • New York
  • reportages
Littérature

Joseph Mitchell

Des Caughnawagas

Les plus lestes des Indiens d’Amérique du Nord appartiennent à une bande de sang-mêlé Mohawks originaires de la Réserve Caughnawaga, sur les bord du fleuve Saint-Laurent, au Québec. On les appelle en général les Caughnawagas. Autrefois on les appelait les Mohawks chrétiens ou les Mohawks qui prient. Ils sont trois mille, dont au moins six cent cinquante passent plus de temps dans les villes des États-Unis un peu partout que dans leur réserve. Certains sont aussi remuants que des gitans. Il n’est pas inhabituel de voir une famille verrouiller sa maison, laisser la clé chez un voisin, monter en voiture et partir pour des années. Il existe des colonies de Caughnawagas à Brooklyn, Buffalo et Detroit. La plus grande colonie est à Brooklyn, dans le quartier de North Gowanus. Elle s’y est établie à la fin des années vingt, comprend environ quatre cents hommes, femmes et enfants, continue de grandir...

OPEN
ACCESS
  • reportages
  • New York
Le texte inconnu est une promesse
Le texte inconnu est une promesse

Michele Pedrazzi

The Next Bit: un corps à corps avec l’inconnu

Imaginons que nous nous trouvions soudain en présence d’un « objet sémiotique » inconnu. Il pourrait s’agir d’une peinture, d’un extrait littéraire, d’un morceau de musique, d’un programme informatique, d’un artefact culturel au sens large : peu importe pour l’instant. Ce qui nous intéresse, c’est le caractère d’étrangeté que revêt cet objet, dont nous ignorons pour l’instant tout. Attardons-nous un peu dans cette « nébuleuse interprétative ». Dans la réalité, cet effet de pure table rase mémorielle ne se présente jamais ; chaque objet nous arrive...
OPEN
ACCESS
IT DE
  • linguistique

 

We like!